J’ai refusé médecine pour la peinture, et ma mère m’a rayée de sa vie jusqu’au jour où elle est entrée dans ma première vraie galerie

Je me revois encore face à ma mère, dans la cuisine, quand je lui ai annoncé que je n’irais pas en PASS malgré des années de pression. J’ai tout perdu ce jour-là ou presque : son soutien, l’argent, la paix à la maison, et j’ai dû survivre entre petits boulots, factures et nuits blanches à peindre. Puis un jour, quand mes toiles ont enfin trouvé leur place sur les murs d’une galerie reconnue, elle a posé les yeux sur mon travail autrement, et quelque chose s’est enfin fissuré entre nous.

Mon père a traité mon fils de rêveur inutile le soir où il a annoncé qu’il voulait entrer en école d’art

Je me suis retrouvée entre mon père, un homme qui ne jurait que par les grandes écoles, et mon fils, qui voulait choisir l’art au lieu d’une prépa. J’ai essayé de tenir la famille debout au milieu des cris, des silences, de la peur de manquer et des vieilles blessures. Quand mon fils a enfin posé son portfolio sur la table, quelque chose s’est fissuré en nous, puis doucement réparé.