J’ai reconnu la peur dans ses yeux au rayon yaourts, et ce jour-là j’ai compris que je ne pouvais plus la laisser repartir chez lui

Je suis retombée par hasard sur une ancienne amie dans un supermarché, et j’ai tout de suite compris à sa manière de baisser les yeux que quelque chose n’allait pas. En quelques heures, j’ai découvert qu’elle vivait sous l’emprise d’un mari violent, entre humiliations, coups et menaces, et je n’ai pas réussi à la laisser seule. Je l’ai hébergée chez moi, je l’ai accompagnée au commissariat, vers une association et un avocat, et j’ai vu de près à quel point sortir de la violence peut être long, fragile, mais possible.